Les news – flambée de cerveau et envolées lyriques

Le vingt-huitième jour de février, alors que je marchais sur le chemin de mon cours de ciné, un rayon de soleil a touché mon cou. Ça y est. L’hiver montre ses premiers signes de faiblesse – enfin ! Mais qui sait quand le printemps triomphera pour de vrai. Ici l’hiver est mesquin et à plus d’un tour dans son sac.

Qu’importe. Un rayon est venu caresser ma nuque. Le pape peut bien avoir démissionné, Sciencespo fait la révolution et Hollande serré la main de Poutine, le monde s’avance définitivement vers des temps meilleurs.

Ici, dans ma bulle, ça carbure au boulot. Le semestre touche à la fin de sa première moitié et les échéances s’accumulent.

La France s’est d’abord rappelée à moi de manière brutale avec l’urgence des inscriptions en master (et le bordel caractéristique de SciencesPo qui va avec). Retour à la réalité et rappel que mon temps ici est compté. J’ai donc fait le nécessaire et envoyé tout ce qu’ils voulaient pour ma candidature au master communication en anglais. Normalement ils le réservent aux non-Français, mais j’ai quand même tenté ma chance, ça me ferait kiffer de pas perdre tout mon vocabulaire en rentrant. Bien que non-sélectif, le master recquiert CV + lettre de motiv + entretien (à venir) avec le directeur de l’école. Je me suis creusé sévèrement la tête pour expliquer combien la communication était mon rêve d’avenir et que vraiment mon parcours entier était destiné à me faire atterrir à l’école de com’ de SciencesPo. Blablabla. Enfin. Au moins, tout est balancé, je n’ai plus qu’à attendre que les noix de coco tombent du cocotier.

En ce qui concerne ma vraie vie :

Côté dessin, je progresse à force d’heures à plancher sur mon papier. Julia nous avait promis du boulot, elle ne nous avait pas menti. C’est véritablement un job à plein temps. Les cours sont consacrés à des études sur un modèle nu, dont nous avons appris à tracer les courbes en une minute, puis 45 secondes, 30 secondes, 15 secondes – l’horreur – et la récompense de la longue pose, généralement de 15 à 30 minutes. Nous avons également travaillé sur des compositions d’objets variés pour préparer notre premier « gros » projet, autrement dit un travail à réaliser sur deux semaines avec un spot-check à mi-parcours. Une grande composition d’objets sur une GRANDE feuille de papier. Entendez, des jours et des jours de boulot ; et des anecdotes cocasses, comme l’invasion de ma chambre par des vers microscopiques qui avaient élu domicile sur une des branches que je dessinais (miam). Je vous passe les détails. J’ai enfin présenté le bébé hier, pendant la critique de mi-semestre, globalement contente du résultat. J’ai été très surprise des progrès réalisés par certains élèves et surtout par la spécificité de chacun. Sur un sujet aussi bateau et potentiellement chiant à mourir (la composition d’objets, boarf) chacun a réussi à vraiment imposer un style particulier. Hyper intéressant. Pour moi la critique s’est bien passée malgré les quelques faiblesses de mon dessin. Que le chemin est long vers la perfection…

Je vous laisse quelques photos de ma chambre-studio-jungle:

Le studio 2 Le studio de camille!! On y croit!!!

L’autre volet de mon taf c’est l’histoire du rock n’ roll & RNB, pour lequel on devait en groupe écrire une chanson. On s’y est mis de bonne heure: Mike, mon pote du groupe du premier semestre, a ramené trois de ses amis avec lesquels on a commencé les répétitions. Au départ déçue par leur idée que je trouvais assez pourrie (ils voulaient une chanson marrante, parodique des rappeurs contemporains, sur la vie nocturne de Wesleyan et le rituel du falafel post-soirée), je me suis finalement laissée convaincre, et rassurer par le niveau global du groupe, tous des musiciens hors pair.

Une fois la chanson écrite, on est partis enregistrer dans le studio mis à notre disposition par l’université, un peu plus bas dans Middletown, à Green Street. On arrive, on poireaute une demi-heure devant la salle dans le froid glacial en attendant qu’un serviteur vienne nous ouvrir (le producteur était en train de bosser en bas). Serpentant dans un labyrinthe qui nous conduit directement au sous-sol, on découvre la petite pièce aménagée en studio dernier cri sur lequel règne en maître John Bergeron, gros bonhomme jovial, producteur adulé par mon prof. On déballe. Sourire d’extase quand il entend mon accent. « A French girl! Wonderful! I’m French too you know! » Devant mon air interloqué (il parle quand même américain de manière vachement américaine) il ajoute : « I’m from New Orleans, Lousiana, France! » Ah oui, évidemment. « That’s why my name is John BEUWRGEUWRON!!!!!! » J’aurais du m’en douter…

Passées les civilités, on commence l’enregistrement. Qui se révèle être un enfer. Notre jour est évidemment celui que choisissent les ordinateurs pour planter ; sitôt une piste enregistrée, elle disparaît du logiciel. Bref, au lieu des deux heures qui nous étaient assignées, on y passe quatre heures, et la moitié de la chanson manque toujours. On a donc été obligés d’y retourner la semaine d’après.

A la fin de la session d’enregistrement, John me félicite pour ma performance (‘ai d’ailleurs jamais bien compris pourquoi, vu que la chanson n’était pas exactement une prouesse vocale – vous jugerez par vous-mêmes – mais bon). Toujours est-il qu’il me propose d’enregistrer certaines de ses chansons avec lui !!!!! Je serai donc de retour au studio juste après Spring Break pour enregistrer. Le pied.

L’étape d’après a été la réalisation de la vidéo. Ça c’était vraiment marrant. On y a passé du temps, c’est mon pote Alex (le rappeur) qui a pris les rênes avec l’aide ô combien louable d’un film major (Matt) qui a sacrifié un bon bout de temps pour nous aider à faire un film de nos conneries. Je vous laisse admirer le résultat ici :

Le bilan de l’expérience, c’est que :

  • oui, notre chanson est stupide,

  • elle tient quand même la route musicalement,

  • on a très honorablement rempli les critères d’évaluation,

  • on s’est vraiment marrés,

  • je me suis fait plein de poteaux,

  • ET la vidéo marche plutôt bien (3000 vues en 3 jours sur youtube).

Moralité, on remet ça pour le final.

La vie de la maison s’organise aussi autour du rythme des nouveaux colocs. On a du traiter un problème de vol de bouffe, le délinquant n’ayant pour autant jamais été identifié. En dehors de ça, c’est toujours les mêmes vieilles querelles de couples : les joies des colocs qui rentrent à 4h du mat complètement bourrés, claquant les talons et hurlant de rire, quand j’essaye désespérément de dormir en prévision de mon exam du lendemain, la vaisselle qui s’accumule, la messe hebdomadaire de mes colocs filles – entendez, les deux heures de salle de bain chaque vendredi et samedi soir… L’autre fois je rentre de cours trempée jusqu’aux os par une pluie dégueulasse et glaciale; je trouve mes deux colocs glandant en pyjama / couverture dans la cuisine. Victoria me lance: « Oh, you always dress so well! » J’étais habillée avec mon pull cradingue / pantalon badigeonné de fusain / bottes de neiges + délicates marques de boue. Les américains et le bon goût.

En dehors de ça, les projets. Je l’annonce : ils sont lumineux. Spring break arrive demain, et avec lui, enfin, la GLANDOUILLE!!!!!!! Première semaine chez Khari à Boston, et deuxième semaine direction LE SOLEIL : je pars à Porto Rico avec toute la bande des Sciencespotes en échange aux US. Une semaine à se dorer la pilule avant la (tristement) dernière ligne droite de mon année américaine.

Elle est pas belle la vie?

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. le paternel
    Mar 08, 2013 @ 16:17:43

    décryptage : le producteur de Louisiane s’appelle John BERGERON (sans l’accent)
    pas de doute : tu as le sens des formules !
    mais il y a beaucoup d’anglicismes obscurs pour les non initiés

    Réponse

  2. Moune
    Mar 12, 2013 @ 21:18:28

    Je trouve votre « création »,très sympa sur le mode facétieux et techniquement au point … après le single, j’attends l’album!

    Réponse

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