Winterbreak part 1 – Washington DC / NYC / Cape Cod

Vendredi 21 décembre 2012, jour de la fin du monde, je me fais chier comme un rat mort dans le bus pour New-York. J’ai quitté Washington à 4h, il est présentement 7h30 et l’arrivée n’est pas prévue avant encore deux heures. Mon estomac se tord de protestation et mes jambes crient leur inconfort. Menfin. Pour un bus à 1 dollar, j’accepte le calvaire.

Ma visite washingtonienne est des plus originales comparée aux autres expériences familiales que j’ai pu avoir aux États-Unis. Drôle d’histoire : j’ai débarqué chez une des très bonnes amies que ma mère s’était faite à la fac et qu’elle n’a pas revue depuis vingt ans. Miléna, canadienne d’origine, mariée à un américain et maman de deux jumeaux de huit ans, est une francophile invétérée qui me parle dans un français parfait teinté d’un chouia d’accent caribou. Elle enseigne le français et les « études québécoises » à Georgetown, une des universités de Washington et mène la famille d’une manière bien différente des autres familles américaines dans lesquelles j’avais pu m’aventurer. Ici, pas de poison télévisuel, l’écran plat du salon est sage et muet, sauf pour les grandes occasions. A la place, des chants de Noël accompagnent les repas (cuisinés, légers, et pris en famille – je me vautre dans le luxe). Le mari, Bob, est l’ombre de sa femme. Timide à l’extrême, il consacre ses journées à son boulot de physicien top secret (il bosse « pour le département d’État », autrement dit quelque chose que tu ne dois pas savoir). A nouveau, l’atmosphère famille me prend aux tripes. L’odeur du pain grillé le matin. La salle de bain miraculeusement toujours propre. Le réveil par les bruits des deux petits qui se préparent pour l’école. Les repas maison. Les mamans qui râlent. Le pied.

Mon royaume pour une famille.

De Washington je n’ai pas vu grand chose. De mes trois jours de visite, j’ai passé le premier dans le musée d’histoire nationale Américaine et le second entre des flâneries autour de Chinatown et la découverte du (super) musée d’Art et de portraits. Quant au troisième, c’était visite de Georgetown avec Miléna. J’ai fait le tour du centre politique en voiture, OUI j’ai vu la maison blanche et OUI le pentagone et OUI le watergate. C’est très blanc, très lisse. Beaucoup de black-à-dreads. A Washington, la politique est partout : dans les stores des musées se vendent des pins de l’inauguration d’Obama, des gourdes à l’effigie des deux principaux partis (imaginez deux secondes une gourde arborant « FIER D’ÊTRE A L’UMP » – la blague). La galerie des présidents, à l’intérieur du musée d’art, vaut le détour. J’ai la chance de tomber sur un papi-guide qui me fait la visite, à moi et à trois autres quidams. Si j’avais oublié que j’étais en Amérique, on a vite fait de me le rappeler. Après deux heures de conférence, alors qu’on achève la visite sur les portraits des Bush, Kennedy, Nixon et cie, première intervention de ma voisine : « combien ils gagnent, les peintres, pour faire les portraits des présidents ? »…

Grmpf.

La maison de Miléna fait très série américaine. Pavillon de banlieue situé à 40 minutes de Washington, grand, lumineux, équipé d’un balcon de bois donnant sur la forêt. Mon premier matin, j’ai été réveillée par les biches. Il paraît qu’elles se pointent souvent, parfois aussi le renard et les raton-laveurs. Les maisons du quartier rivalisent de kitsch dans les décorations de noël : il y a bien sûr les lumières, aux couleurs associées avec plus ou moins de goût, mais aussi les grosses poupées père noël / bonhomme de neige / rennes en plastique gonflable, les traineaux clignotants, les bâtons de sucre blanc et rouge autour des jardins… Tout le voisinage se connaît et s’entraide, la bonne entente est de rigueur. La plupart des enfants du quartier vont dans les mêmes écoles. Sur invitation de Miléna, j’assiste d’ailleurs à l’incroyable prestation de la classe des jumeaux (3rd grade, CE2) qui chantent l’hymne national d’une voix fluette sous l’œil larmoyant des parents. Le spectacle dure trois minutes en tout, les préparatifs une bonne demi-heure, tout comme le retour au calme. Les marmots surexcités courent dans les couloirs ou le drapeau américain flotte à chaque tournant, les parents les félicitent et les gavent de baisers. C’est mignon.

Je quitte bien tôt cette douce famille pour retrouver la mienne, ENFIN, à New-York. Bref étape par Yonkers, au-dessus du Bronx, où je retrouve ma copine cinglée Ariel et sa famille, puis c’est les retrouvailles tant attendues. De cet épisode je retiendrais deux choses : mon père EST CAPABLE d’aimer les immeubles et les starbuck café (« j’aurais jamais cru que j’aurais trouvé un quelconque intérêt à ces tours, mais vraiment, elles ont quelque chose! ») et l’hiver, à New-York, on se les gèle pour de vrai. Mais qu’importe. C’est trop bon de les retrouver. Trop bon et trop court. Juste le temps de voler dans deux trois musées, de leur montrer Central Park et de se paumer dans le métro, de s’engueuler une ou deux fois ; le temps de passer un réveillon de Noël bizarroïde dans le resto de De Niro à Tribeca et de retrouver notre hôtel sans grand-parents, sans oncle, sans messe des familles, sans sapin ni cadeau ; un Noël qui sent pas vraiment Noël mais qui blâmer ? C’est chouette malgré tout. Le temps aussi d’une messe gospel à Harlem le matin du 25, intime, presque pas de touristes, le pied ; et puis le départ pour Wesleyan que j’avais tant besoin de leur montrer. Le temps d’expérimenter les embouteillages monumentaux à la sortie de New-York, de prendre la première sortie après avoir franchi deux km en deux heures, affamés, pour atterrir dans un le premier resto en vue, un chinois miteux et sans chauffage (encore!!!) aux assiettes ENORMES pour des prix dérisoires ; le temps (enfin) de faire route vers le nord en direction de Wes. Mon village de copains tout vide de copains. La neige, leur motel pourri, sans chauffage, en bordure de la route. Le temps d’une série de tours dans le campus, d’une escale dans ma pizzeria, la meilleure du pays, puis du départ vers Cape Cod. Logés dans une super maison de petits vieux, à deux minutes d’une plage blanche, glaciale et magnifique, les promenades, les derniers instants en famille. Et puis on remonte vers Plymouth où je retrouve Khari. Pour notre voyage en Californie.

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6 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Arnaud
    Jan 03, 2013 @ 15:08:52

    …Après 3 jours au cap code sous un soleil somptueusement glacial, et pendant que tu voles vers le printemps, retour à NYC, énorme « storm snow » … Notre toyota a bravé les intempéries et nous a conduits -grâce au niveau 2 de la boîte automatique- 6 heures plus tard à l’étape de Stamford!!!…

    Réponse

  2. Arnaud
    Jan 03, 2013 @ 15:27:56

    6 heures d’autoroute en seconde sur la neige pour faire à peine 100 miles (160 km), en voyant au plus à 40 mètres devant moi par moment mais suffisamment pour voir les voitures dans les bas cotés…le pied mais quelle expérience !
    à propos des grattes ciels, je n’ai pas tenu les propos ci-dessus. J’ai dit qu’ils sont magnifiques. MANHATTAN, c’est un spectacle extraordinaire surtout du pont ou de la promenade de Brooklyn ! et les regarder de l’intérieur de la ville est un spectacle aussi grandiose

    Réponse

  3. Moune
    Jan 03, 2013 @ 16:33:48

    …Après 3 jours au cap code sous un soleil somptueusement glacial, et pendant que tu voles vers le printemps, retour à NYC, énorme « storm snow » … Notre toyota a bravé les intempéries et nous a conduits -grâce au niveau 2 de la boîte automatique- 6 heures plus tard à l’étape de Stamford!!!…

    Réponse

  4. caplibero
    Jan 03, 2013 @ 16:43:39

    Papou, t’as rien compris, ce que tu viens d’écrire dans ton commentaire c’est très précisément ce que j’ai dit dans mon article !…

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  5. Moune
    Jan 03, 2013 @ 18:06:22

    De Stamford à NYC le 30/12 matin: circulation incroyablement fluide!Probablement l’effet dominical….

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  6. le paternel
    Jan 03, 2013 @ 18:49:13

    le motel glauque de Middletown, c’était aussi une expérience… très middleclass ! c’était une autre ambiance que dans les magnifiques hôtels sélectionnés par notre gentille organisatrice !

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