Thanksgiving in Milton – part 1

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mardi 20 novembre, huit heures du soir, nuit noire et trop peu de degrés au thermomètre, le pick-up vrombit et la musique flambe. La smala est en partance pour Milton, Massachusetts. Je me lance dans mon premier Thanksgiving trip fait maison, chez mon pote Khari. Jessica et Dory, deux filles de Wesleyan, sont aussi de la partie jusqu’à jeudi matin, où elles repartiront à New-York dans la famille de Dory. C’est ma seconde escapade hors de la bulle Wes : je frétille d’impatience.

Bref arrêt à Five Guys, le fast food dont tout le monde me rabat les oreilles depuis des décennies et que Khari veut ABSOLUMENT me faire découvrir – pas mal, mais ne vaut pas notre B.I.A. – et le voyage commence pour de vrai. Moi qui m’étais promis de garder les yeux ouverts et de capter chaque paysage entre le Connecticut et le Massachusetts, je m’endors comme un bébé, bercée par les remous de la voiture. De toute façon, aucune importance, il fait nuit et les seuls paysages sont des autoroutes. Tant pis !

On arrive à Milton autour de dix heures. Je m’extrais difficilement de la chaude torpeur de la voiture et rejoins les autres devant la porte de la maison – qui s’ouvre sur un papa-gâteau au sourire jusqu’aux oreilles. Après Fall Break et les irlandais, Thanksgiving break me plonge au sein de la communauté black américaine ; encore une autre galaxie. Ici tout le monde s’appelle « brother » ou « sister », frère et sœur en Dieu – je deviens donc immédiatement « sister / miss Camille ». La famille Slaughter (dont l’ironie du nom ne cesse de m’émerveiller) est une tribu de sourires et de chaleur. Miss Olivia (madame) m’accueille la dernière en me serrant dans ses bras : « And you MUST be Camille !! ». Frigorifiée, je monte les escaliers jusqu’au séjour. La pièce principale est à l’image des occupants : les lumières orangées, harmonisées avec le jaune des papiers peints, se marient parfaitement avec la tonalité claire du bois dont est couverte la cuisine ouverte ; le tout contribuant à une ambiance douce et chaude, parfaitement adéquate dans ces soirées glacées de presque-hiver.

Khari est comme un gosse en retrouvant ses parents, sa cousine Nicole et son frère Gyasi, qu’il n’a pas vu depuis que ce dernier à fait sa première rentrée à l’université publique du Massachusetts, Umass, au début de l’année. La casquette enfoncée sur ses cheveux trop longs, Gyasi se présente timidement. En voilà un qu’il va falloir apprivoiser, me dis-je. Il a visiblement pris le gène calme de la famille et laissé le dingo over-énergisé à son frère (!)…

Les préparatifs pour le repas de Thanksgiving (jeudi soir) ont commencé plusieurs jours avant la fête. Il faut dire qu’ils en font tout un plat. Le jour J, Sister Olivia est aux fourneaux toute la journée pendant que je m’attèle avec les garçons à la déco de la maison. Les plats me sont pratiquement tous inconnus, mais je suis définitivement rassurée lorsque je découvre qu’elle partage ma passion pour la cannelle : tout va bien, je suis entre de bonnes mains. Une multitude de différents mets naît progressivement sous mes yeux admiratifs. Le dressing, sorte de purée de morceaux de pain, les patates douces baignant dans une sauce de caramel à la cannelle, les pâtes gratinées, le chou bouilli, les asperges à l’huile, les haricots verts. La dinde, énorme, que Brother Dennis (Monsieur) se charge de cuire à l’extérieur dans un four spécial, tâche à laquelle je contribue en plantant régulièrement un petit thermomètre pour garantir une cuisson parfaite (processus très efficace, je n’ai jamais goûté de volaille aussi bien cuite). Il y a aussi les salades apportées par les invités : pommes de terres assaisonnées, chou vinaigré aux raisins secs. Les desserts, à tomber. Miss Olivia a une recette de tarte aux pommes incroyable, la « messy pie » (renommée « fucked up pie » par Khari). Elle superpose une couche de pâte, une couche de fruits, une couche de pâte, une couche de fruits, etc. A TOMBER. Messy pie, tarte aux courges, petits pains chauds, cookies maison, glace à la vanille. Voilà. Thanksgiving m’a tuée.

Certaines choses restent pourtant visiblement récurrentes dans chaque famille. Ennemi n°1 : la TELE. Elle reste allumée la plupart du temps, et crache ses conneries 24/24. Les jours de chance, on peut tomber sur les infos, mais faut pas trop espérer. Toute la journée de jeudi on a eu le droit au direct des défilés cucuissime de New-York, avec toutes les miss minaudant devant des dindes géantes, concours de beauté pour chiens, ENORMES chariots remplis de sucreries et j’en passe. Ce qui me sidère c’est qu’on regarde ça avec recul, en se moquant un peu, souvent sans trop de son – mais quand même, on laisse la télé allumée.

Avant de passer à table (il est 17h), toute la famille se réunit pour prier ensemble et remercier Dieu. Chacun d’entre nous prend la parole pour expliquer pourquoi nous sommes reconnaissants et redevables au Seigneur. C’est un temps très émouvant où chacun offre aux autres une pensée personnelle, précédant la récitation collective de la prière écrite par Brother Dennis.

Et puis c’est l’orgie culinaire.

Le repas dure plusieurs heures, entrecoupé par des jeux, des discussions à n’en plus finir, beaucoup de rires (les américains rient particulièrement fort). Tout est excellent et l’ambiance est au top. Thanksgiving, c’est Noël avant Noël. Un moment particulièrement fort pour moi qui suis loin de ma famille depuis longtemps. Pendant mon temps de parole, j’ai remercié Dieu de m’offrir la chance de cette année dans un nouveau monde, mais aussi pour cette nouvelle famille qu’il me donne en cette période de réjouissances, et qui me fait oublier, un peu, la peine

de ne pouvoir partager ces joies avec les miens.C’est très étrange de partager un moment « spécial famille » dans une famille autre que la sienne, qui plus est inconnue, et d’une autre culture. Je me sens à la fois complètement intégrée parmi ces gens qui j’affectionne déjà, et en même temps, tellement en dehors. Mais quelle joie, finalement, et quelle chance, de vivre tout ça.

…Partie 2 à venir.

PS: Pour les handicapés de l’ordi (nul ne se sente visé), la galerie ci-dessous est intéressante si vous cliquez sur la première photo pour les faire défiler en grand. Pour ceux qui n’ont pas compris je mets aussi un diapo au-dessus. Love maxi.

Publicités

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Ratoune
    Nov 29, 2012 @ 10:24:26

    Bientôt, bientôt, nous serons réunis. Tu me manques tellement !! J’ai trooooooooooop hâte de voir où tu vis, et de rencontrer Khari, aussi…

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :