How things go on…

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Ce soir, en attendant que l’imprimante se libère à la bibliothèque, j’ai scotché 10 bonnes minutes devant la baie vitrée, par laquelle le soleil imposait ses dernières lueurs. Des nuages rose saumon sur un ciel gris, quelques reflets dorés sur la pelouse, les briques rouges de Usdan qui se détachent au fond du pré. Quelle magnifique tombée de nuit. Très souvent ici je me dis que je voudrais photographier les sensations que j’éprouve. L’émotion que suscite ce coucher de soleil. Voici trois semaines que je suis à Wesleyan et pas un seul instant la France ne m’a manquée. Après la phase A de découverte permanente, j’entre dans la phase B : les découvertes se mêlent aux premiers repères, aux premières habitudes. Les cours, les amis, les soirées. Pour ce qui est des nouveautés, plusieurs excellentes nouvelles se sont succédées.

D’abord, j’ai un vélo. Un magnifique vélo rouge, acheté en 1978, chiné sur internet par Arya, saint Arya. Je le garde jalousement dans la room 3, en attendant que le soleil revienne et que je fasse un tour chez le marchand de vélo de Main Street pour m’acheter un antivol. Photos à venir, promis.

Ensuite, ce jour est à marquer d’une croix, parce que oui, oui, OUI, Reslife m’a donné les clefs de la room 2. Je suis officiellement chez moi et mes préciosités vont pouvoir regagner leurs pénates !!!!!!!!!!!!! Je suis à deux doigts de croire en Jésus.

Enfin, j’ai fait mes premiers tirages photos argentiques. Le cours de photo demande un travail de malade. Chaque étape nécessite une réelle réflexion et précision sous peine de, au mieux, se voir infliger des millénaires de boulot supplémentaire, au pire de ne rien pouvoir faire du négatif. Il y a d’abord les heures de prise de vue (une centaine de photos par semaine). Le numérique m’avait oublier toute la difficulté et l’enjeu de ce simple déclic. Qu’est-ce que tu prends ? A quel moment ? Pourquoi ? Avec quelle ouverture ? Quel shutter speed ? Pourquoi ? Toutes ces questions, 36 fois par pellicule. Puis vient le premier isolement dans le noir complet pour le tirage des négatifs (chacun étant minutieusement analysé et commenté – sans pitié – par Sasha). Des négatifs il faut ensuite imprimer les contacts sheets, c’est-à-dire des planches sur lesquelles apparaissent toutes les photos, en petite taille, en positif, à nouveau vues par Sasha. La dernière phase est celle de l’impression des photos dans leur taille définitive, à partir des négatifs. C’est LONG. Pour l’instant, il me faut environ une heure et plusieurs essais pour tirer une seule bonne photo. Cela vous laisse imaginer l’ampleur du travail, même si on ne doit tirer que 3 ou 4 photos pour chaque cours et si je gage sur l’expérience pour apprendre à gagner du temps. Chaque semaine a lieu une critique collective durant laquelle les photos punaisées au mur subissent l’analyse rigoureuse de Sasha. La première a eu lieu ce matin. Belle leçon d’humilité… La photo argentique, c’est d’abord l’apprentissage de la patience. Pour l’habituée que je suis à prendre des tonnes de photos et à les voir dans l’heure qui suit, la frustration atteint un très haut degré. C’est aussi l’apprentissage de la précision, la moindre inattention pouvant ruiner un cliché. Cependant, je réalise la chance que représente l’opportunité d’apprendre les bases de la photographie et ce dans d’aussi grandioses conditions (20 rouleaux de pellicule + 200 feuilles d’impression photo + tous les produits pour le développement offerts, un appareil argentique prêté pour le semestre, une chambre noire mise à notre disposition…). I ❤ Wesleyan.

En tout cas, je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Je travaille beaucoup, surtout pour la photo, mais également pour le cours de cinéma qui demande pas mal de lecture chaque semaine. Les readings me prennent toujours deux fois plus de temps que les autres, d’une part parce que je prends des notes, et d’autre part à cause des mots de vocabulaire que je dois chercher et noter sous peine de les oublier deux minutes plus tard. Le reste, c’est que du fun (remarque, même ce boulot là, c’est fun). Le cours de West African Music devient plus intéressant maintenant, même s’il est toujours un peu en bas de ma top liste. Le cours de hip hop est ouf. Et Ebony singers, ah, Ebony singers… Il faudrait un article entier pour en parler… 80 personnes, trois voix, chantant à pleine voix pendant deux heures la gloire de Dieu (à pleine voix / à tue-tête, ça dépend des fois… Parole du chef : « if it doesn’t hurt, you’re probably wrong » (!))… La méthode est un peu particulière pour le moment, parce qu’on ne reprend pas les chants appris précédemment, mais on voit de nouveaux chants chaque semaine. Pas de partition dans le cours, tout est du par cœur. Je galère un peu avec le vieil anglais, mais ça va le faire progressivement. C’est du gospel dans les règles de l’art. Avec l’ambiance ! Que du bonheur. Généralement, les séances finissent dans l’excitation générale et le dernier quart d’heure est consacré à l’apaisement des esprits. Le chef est un grand pasteur black complètement habité par Dieu, à l’incroyable capacité de transmettre sa foi de manière très simple, très douce, et très convaincante. Il clôt chaque répétition par un temps de méditation. Souvent une anecdote d’abord, qu’il relie à un épisode de l’évangile. Et puis l’annonce de nos homeworks. Il sait toucher les préoccupation des étudiants, la confiance en soi, le regard des autres, la peur de ne pas être à la hauteur… Cette semaine, les devoirs, c’était donner chaque jour un commentaire positif à quelqu’un. Être celui qui apporte l’apaisement. La confiance. Chacun d’entre nous est tel que Dieu l’a voulu. Chacun d’entre nous a quelque chose de beau en soi. Aidez-les autres à le révéler, sans attendre de retour. Et puis on prie, ensemble, les mains liées. Moi qui ne suis pas croyante, ces moments d’intense communion me bouleversent. Le même genre d’émotion que j’avais à Saint Bénigne… La pièce irradie de bonté. Saint homme. A nouveau, quelle leçon d’humilité…

J’ai trop écrit déjà, je retourne à mes readings, et vous souhaite une bonne nuit.

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1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Pascale
    Sep 22, 2012 @ 13:25:56

    Belles paroles de vie et de paix!!!

    Réponse

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