Wes – one week

La vie commence progressivement à Wesleyan. Les cours ont repris, tous les étudiants sont revenus, les commerces ont ouvert à nouveau. Après cette intense période d’échange et de découverte, on entre dans la phase active. La chambre n°2 est toujours vide, et après m’être rendue pour la quatrième fois à la Residential Life pour voir la connasse censée me donner les clefs, je suis repartie sur ma faim, devant encore attendre qu’elle passe un énième coup de fil à un énième service et qu’elle me tienne au courant par mail. Nan mais sérieusement. Je devrai donc encore garder ma nano-chambre quelques jours… Ce matin, je ne suis pas réveillée par le soleil et les écureuils. C’est ma première grisaille, pas de doute, c’est la rentrée.

A Wesleyan, le système de choix de cours est beaucoup plus ingénieux qu’à SciencesPo et consorts. Une première phase de pre-registration permet d’entrer les cours souhaités dans un logiciel qui assigne à l’élève un, deux, trois ou quatre cours. Une seconde phase permet de laisser tomber informatiquement certains cours s’il change d’avis en cours de route, et cette place peut être prise, toujours sur Internet, par la première personne à fondre dessus. Enfin, la troisième période est la période du Drop/Add. Que SciencesPo devrait définitivement inscrire à son programme. Chaque élève a le droit de se rendre à tous les cours pendant les deux premières semaines, et de laisser sa place dans un cours, ce qui permet à un autre élève potentiellement intéressé de la récupérer. C’est aussi le moment où il faut jouer à fond la carte de la négociation – croyez-moi, j’y suis allée à mort avec l’accent français et l’œil larmoyant.

Mon agenda commence progressivement à se dessiner et j’en suis plutôt satisfaite, même si je dois faire une croix sur un nombre incalculable de cours passionnants si je compte avoir une vie. Pour l’instant j’ai donc un total de cinq cours. Ici les élèves prennent d’habitude quatre cours, mais je me suis permise un excès car certaines de mes classes demandent peu de travail individuel. J’ai donc pour l’instant :

  • Photography I,

  • West African music and culture,

  • Weimar cinema in context,

  • HipHop / breakdanse.

Le cinquième cours est un ensemble gospel, les Ebony singers. Je passe également des auditions pour intégrer les groupe de chant a cappella. J’ai abandonné le dessin, la danse africaine et l’histoire du mouvement black aux États-Unis, avec moult remords.

Le cours de photo était un vrai challenge. Les inscriptions avaient lieu en avril, je n’étais donc pas acceptée au préalable. J’avais simplement envoyé un mail suppliant à Sasha Rudensky, la prof, à cette période, avec quelques unes de mes photos, qui n’avait jamais obtenu de réponse. J’ai donc écrit à nouveau il y a quelques jours et je me suis présentée à la première classe. A laquelle je suis arrivée en retard, en nage, après avoir couru dans tous le campus à la recherche de ma salle pendant 45 min.

Je sens dès les premières secondes le poids de mon héritage dans les éloges de Sasha Rudensky à propos de ma prédécesseuse. Que de pression ! Je déteste par-dessus tout le récurrent « You’re the new Alysse! » Que j’entends à peu près trois fois par jour. Fuck you, je suis ni Alysse ni Berthe ni Gertrude. Je suis CAMILLE, un point c’est tout. Mais, comme le dirait mon pote Arya (le grizzly des Bermudes en short et chapeau dans les photos de l’ISO) : « now you’re the new Alysse for everybody, you have to make your own name, dude… » Haha. Tu parles que je vais me le faire, ce nom…

Pour en revenir à cette histoire de photo, chaque élève non encore admis a donc passé un entretien avec Sasha à la fin du cours. Je lui ai expliqué mon parcours en détail, en insistant sur mon amour pour les arts visuels, ma terrible frustration de SciencesPiste, mon désespoir de ne pas pouvoir prendre de cours pratiques de cinéma… Bref, j’en ai fait des tonnes. Visiblement elle a apprécié ma motivation – et je crois que pour une fois, être la nouvelle Alysse m’a bien servi – et merci mon Dieu j’ai été prise. Awesome. Wonderful. Amazing.

Ca s’annonce comme mon cours le plus difficile, avec un travail hallucinant à rendre chaque semaine. Mais ça va être dingue. On travaille à la fois sur du film et du numérique (film et appareil argentique fourni par Wes, merci les 55 000 dollars de frais de scolarité), avec un minimum de 6 à 7 heures de shooting obligatoires par semaine. La masse de boulot me fait un peu peur, j’avoue, mais je suis vraiment contente. Merci Alysse.

Pour le reste, ma vie sociale bat son plein. J’ADORE mes housemates, on forme une super et éclectique équipe. Lars est victime de la passion d’Arya pour les drapeaux et un drapeau européen a poussé dans la cuisine. A venir une photo avec la famille au complet, on attend le soleil et une plage horaire où tout le monde sera là. Les amitiés se tissent progressivement, au fur et à mesure des rencontres, des discussions, des soirées. Je découvre des modes de vie à l’opposé du mien (de mon ancien mien, du moins), des nouveaux visages, des façons très étranges de faire la fête (!). Les gens ici sont une véritable galerie de portraits que j’aimerais croquer et raconter. Je ne compte plus le nombre de gens qui fendent leur visage d’un sourire extatique quand je dis que je fais mes études à Paris. Visiblement ici l’accent français est de loin le plus sexy, ça doit être un genre accent italien pour nous – en tout cas c’est un atout extrêmement pratique. Quand je demande pourquoi cet amour pour Paris, on me répond dans 90% des cas (95% pour les filles) : mode, bouffe, romantisme. Tout à l’heure j’ai même entendu une freshmen me dire « All French people are so beautiful!!! I am sure there are no ugly French guys ».

Décidément, les américains et moi, on voit pas la même chose.

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4 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. arnaud dad
    Sep 05, 2012 @ 11:55:00

    encore du travail en excès…
    mais est-ce du travail ?
    n’oublie pas de dormir quelquefois
    pourquoi « Weimar » cinema ?
    kézako ?

    Réponse

  2. Pascale
    Sep 05, 2012 @ 20:27:19

    on rêêêêve!!!!!!

    Réponse

  3. caplibero
    Sep 05, 2012 @ 20:35:34

    Papou c’est un cours sur le cinéma allemand de l’entre-deux guerres…

    Réponse

  4. Ratoune
    Sep 06, 2012 @ 11:22:31

    Who’s going to hear about german expressionism the entire semester?? Haha. No, seriously you can’t even imagine how I’m jealous !! And I miss you sooooooooooo much! Love you, dear..

    Réponse

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