First day at Wes

Oh my God, this is it, j’y suis – Wesleyan University.

La seconde journée à New-York est aussi riche que la première. Réveillée de bonne heure par le soleil et la chaleur de l’appartement de la 83ème rue, je bois mon premier café américain avec les Caillet – léger, mais buvable (!) – dans un petit café où trônent, derrière une vitrine de verre, des dizaines de sublimes gâteaux de toutes les couleurs.

Le rdv est fixé avec les filles à Central Park où je suis assaillie par les odeurs, les couleurs, les bruits. Les marchands ambulants s’entassent à chaque coin de rue : pretzels, American hot-dogs, cupcakes et biscuits de toute sorte, glaces, smoothies et healthy food, New-York est la ville de la diversité (et de la bouffe, on l’aura compris). Ici les écureuils sont aussi peu farouches que les pigeons de la gare de Lyon, et tellement plus mignons ! Ils viennent presque manger vos miettes… La journée se passe en déambulations dans l’incompréhensible métro de New-York, en flâneries dans les rues à n’en plus finir, la bouche béate d’admiration et de curiosité pour tout ce qui nous entoure. A la fin de la journée, les couchsurfers nous invitent dans leur appartement de Brooklyn ; ni une ni deux un repas français s’improvise, que l’on partage avec bonheur sur leur canapé (à propos, j’hallucine toujours de la génialité de ce site – comment se créer en deux minutes une super bande de pote dans n’importe quel coin du globe). Ils sont drôles, ils sont sympas, ils sont généreux : ils sont américains. Leur appartement possède l’immense avantage d’un roof top, un coin de toit qui donne directement sur les lumières de Brooklyn. Le pied absolu.

Évidemment, il fallait que je me perde dans le métro, sinon ça n’aurait pas été marrant. Donc je me suis perdue en rentrant. Je vous passe les détails des attentes interminables de la bonne ligne qui ne vient jamais ou qui n’est finalement pas la bonne ligne ou qui ne s’arrête pas ou vous voulez qu’elle s’arrête ni ou elle est supposée s’arrêter. Je ne vous raconte pas non plus comment j’ai du coup passé une demi heure à papoter avec un américain qui est spontanément venu m’aider en voyant ma tronche dépitée, qui a changé son itinéraire juste pour être sur que je trouverais la bonne ligne et que je descendrais à la bonne station, qui m’a indiqué un excellent resto juste à côté de mon université et m’a chanté les louanges de sa ville, le tout avec une bonne dose de bonne humeur, de gentillesse, et le sourire jusqu’aux oreilles.

I love American people.

Ce matin c’était the D-Day, le grand départ, la découverte de ma vraie nouvelle vie. Le train d’abord. Les énormes valises à porter à travers la ville. Le voyage entre New-York et New Haven, la traversée de tous ces petits bleds, tantôt friches industrielles miteuses, tantôt grandes étendues de verdure et maisonnettes sur les lacs. Les arbres à perte de vue. Les publicités tellement kitsch. La population du train qui se remplit d’obèses à mesure qu’on s’éloigne de la Big Apple. Mes yeux qui n’en peuvent plus de manger tout ce qu’il y a à voir.

Je retrouve Ali Shajrawi, l’étudiant avec qui je papote depuis quelques mois par mails interposés, à la gare de New Haven. Il m’emmène en voiture à Wesleyan. Mon anglais est moins lamentable que ces deux derniers jours, mais c’est encore pas la joie. Pourtant on arrive à pas mal parler, il est adorable et a toujours quelque chose de fun à raconter.

En arrivant sur le campus, ma première surprise provient de la taille de l’université. Ce n’est pas un campus à la française, où du moins ce que j’imagine être un campus à la française, j’entends avec murs et portes et enceintes et tout le toutim ; c’est une vraie ville à l’intérieur de Middletown. Il y a des rues, des maisons, c’est grand et très boisé. Il fait très chaud et je ne suis finalement pas mécontente de leurs insupportables obsessions avec l’air conditionné. Je marche donc vers le grand hall où Ali me présente la team de l’orientation – tous m’accueillent évidemment avec un immense sourire. Ce sont surtout des internationaux, tous prêts à aider, tous avides de te rencontrer. Ils me donnent les clés de ma maison et de ma chambre (210 Cross Street, un peu en dehors du campus, jolie maison jaune, à l’américaine, ma maison !). L’étudiante qui m’aide à porter mes bagages est minuscule et doit faire le poids de ma valise qu’elle traîne péniblement derrière elle, mais pas question que je l’aide, elle porte tout – et avec le sourire. Nouvelle surprise : ma maison n’a pas quatre, mais huit chambres. J’habiterai donc avec 4 garçons (Lucas le brésilien, Lars l’allemand, Silvio l’italo-allemand, et un pour l’instant inconnu) et 2 filles (Tatiana l’espagnole et une fille d’Europe de l’est pour l’instant inconnue). Ma chambre est la plus petite de la maison, mais elle est aussi tout au bout, derrière la cuisine, petite enclave protégée du bruit et de l’agitation. On a deux étages, deux salles de bain, une très chouette cuisine / salle à manger. Je jubile.

Nous avons ensuite rendez-vous pour une visite organisée par l’orientation. Je découvre tous les freshmen internationaux. Beaucoup d’asiatiques, surtout, mais des gens de partout, ça fourmille, les visages, les morphologies, les accents, tout le monde parle à tout le monde et tout le monde est content. Les premières conversations m’ouvrent les yeux sur les fossés idéologiques des différents pays, même si les gens sont globalement plus open-minded qu’ailleurs. Je constate que les asiat sont étonnement timides et préfèrent rester entre eux si on ne vient pas spontanément leur poser des questions, ils sont très polis, c’est même presque marrant de voir toutes les pincettes qu’ils prennent. J’ai gaffé une fois en essayant de taper la bise à un chinois. Je vous dis pas le traumatisme. Ici, on se contente d’un signe, à la limite d’une poignée de main pour les plus téméraires, d’un check pour les très-potes, et basta.

Les étudiants de l’orientation martèlent qu’à Wesleyan, on peut TOUT faire. Chacun d’entre nous est encouragé à transformer ses désirs en quelque chose de concret. L’épanouissement personnel et collectif, la sociabilité, l’esprit de groupe, rien n’est laissé au hasard. L’aperçu de la vie à Wes est plus que positif : il me donne envie de vivre, plus vite, plus fort, plus intensément que tout ce que j’ai jamais vécu.

Je m’endors dans ma petite chambre de Cross Street la tête pleine de rêves.

See you tomorrow.

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